VISION

 

Une dame de blanc vêtue

Dans le champ se prélassait

Par un bruit par quelqu’un entendu

Sa présence révélée elle avait

Tout près dans un ruisseau

Herbes et branches se miraient

Témoins de ce jour très beau

Et de ce qui se percevait.

 

Sous sa fine écorce blanche

Que caresse la brise

Le cœur d’un bouleau cherche sa revanche

Parfois simulant l’attitude de surprise

Par ses branches qu’il agite

Il exprime du contentement

Cachant ce qui l’habite :

La vermine le rongeant.

 

Jalouse, l’ombre imite

Les choses qu’elle épie

Ne lâchant prise, elle prémédite

En même temps qu’elle fuit

Et vous voyez ce rosier

Duquel émane un parfum si doux ?

Attention, il va vous blesser

Car c’est piquant dessous.

 

Un écureuil est fébrile :

Il faut faire provisions

Discrètement, il file

Pour ne pas attirer l’attention

Vêtue de blanc, une belette fouine

Son guet n’a pas de répit

Quel appât elle imagine!

Dont elle  fera son profit.

 

Usant de finesse

Un renard manipule ses proches

Avec quelle adresse

Ses proies il approche

Pour sa faim jamais assouvie

Quelle habileté d’esprit !

Faisant naître les occasions

Créant des stratégies.

 

Un oiseau fait son nid

Une abeille sans cesse butine

L’homme met parfois son énergie

Dans les projets qu’il dessine.

Ces derniers révèlent-ils toujours sa valeur

Expriment-ils toujours sa réalité ?

L’apparence, c’est souvent trompeur

Laquelle sert parfois à dissimuler.

 

Sur la planète par nous habitée

Que de beautés, que de grandeurs

Mais à cause de gestes calculés

Parfois que de souffrances, que de douleurs

Pardonner n’est pas synonyme d’oubli

La mémoire on ne peut extirper

De l’être elle fait partie

Que peut-on contre cette réalité ?

 

Et qui n’a pas entendu

« Rien ne sert de gagner l’univers » ? 

Des esprits, de grandeurs dépourvus

Se gonflent de gloires et de chimères

La vie n’est ici-bas qu’un passage.

Des vivants trop souvent l’oublient

Par leurs  méchancetés faisant ravages

Voulant le dessus à tout prix.

 

Chaque jour est un jour nouveau

De petites choses il est rempli

Et tel un vol d’oiseau

Il file vers l’infini

Le temps est le grand témoin

De la trace qui s’inscrit

Indélébile rien de moins

Sur la route de la vie.

 

 

   Hélène Lacasse

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